Par Lucie GARD

Document trouvé aux A.D.du Cantal

Cote FX 13

J’ai rajouté à la monographie de Mr l’abbé PERES d’autres renseignements historiques trouvés lors de mes recherches.

 

Monographie de Labrousse en date du 22 mai 1914

Ecrite par Mr l'abbe Péres nomme cure de Labrousse le 11 aout 1912

 

La paroisse de Labrousse possède des archives paroissiales très modeste , le plus ancien document est de 1801.

Il n’y a pas de registre historique ou coutumier.

Le Saint patron de la paroisse est Saint Martin.

Note consignée dans un cahier paroissiale ( Saint Roch est regardé comme second titulaire ‘sic’).

On le fête le dimanche qui suit le jour de l’incidence c’est-à-dire le 11 novembre.

Saint Martin est le vocable du maître autel . Les autels latéraux : celui de droite à la Sainte Vierge et celui de gauche à Saint Roch.

Saint Roch est invoqué spécialement pour la guérison des animaux

Notre-Dame de Pitié est invoquée pour les femmes enceintes

Saint Martin est invoqué pour la guérison des enfants qui marche difficilement et nous avons une fontaine de Saint Martin dans laquelle on plonge les enfants

 

Saint Martin et le culte des fontaines guerisseuses

 

Saint Martin , selon Antoine TRIN ancien curé de Labrousse , est le plus populaire des patrons de fontaines , ainsi on le retrouve à Labrousse , Marcolès , Rouziers , Sénezergues , Thièzac et Campan ( commune d’Ytrac ) . Sa notoriété dans la tradition populaire est due à ses propriétés médicinales . En effet l’eau des fontaines portant son nom est réputée pour guérir les enfants affligés du mal dit Martinaire ( malformation des jambes ) et donc par extension les rachitiques et souffreteux

De plus , nous pouvons évoquer les recherches effectuées par l’abbé JOUBERT et publiées dans la revue de la haute auvergne en 1961 sur le culte de Saint Martin de Tours dans le diocèse de Saint Flour . Ainsi d’après lui , nous trouvons trace de cet élément de la culture populaire dans 11 paroisses de l’arrondissement d’Aurillac : Boisset , Jussac , Labrousse , Laroquebrou , Marcolès , Pers , Rouffiac , Rouziers , Sènezergues , Siran , Thiézac . Seules Labrousse , Marcolès et Sènezergues gardent le souvenir de guérisons d’enfants ne pouvant marcher et plongés dans l’eau De plus , ces communes se situent à proximité de Marcolès , donc dans l’ère d’influence du culte très important de Saint Martin qui y est célébré . Ainsi , le premier dimanche de juillet avait lieu en cette cité un pèlerinage avec procession des reliques ( ceci jusqu’au 19° siècle puis de nouveau à partir de 1932 . A Labrousse , le dimanche qui suit le 11 novembre est le jour de la fête de Saint Martin ( avec une procession ? ) .

Également , on trouve à Labrousse une statue en bois et un buste reliquaire ; à Marcolès , un ancien reliquaire retrouvé au 17° siècle et contenant un paquet d’ossements entouré d’un parchemin avec une inscription en latin : «  Voici les ossements du bienheureux Martin « ; Actuellement ceux ci sont situés dans un grand reliquaire doré .

Enfin l’auteur rapporte les différents éléments collectés sur les pratiques du culte . Ainsi , étaient réalisées des immersions d’enfants dans les fontaines dites «  miraculeuses « et des messes en l’honneur du Saint Patron .

Pour terminer cette première recherche , je me permets d’évoquer les écrits d’Antonin MEYNIEL dans son ouvrage " auvergne et auvergnat " publié en 1909 . Ainsi , il consacre un chapitre sur le rachitisme guéri par Saint Martin . Ainsi , il rappelle les formalités et sollicitations nécessaires pour accomplir avec succès la démarche entreprise auprès de la fontaine . Pour cela il cite un témoignage d’une dame de Mourjou dont le fils a été guéri à Labrousse .

«  Tout d’abord , les parents doivent mendier pendant 9 jours . Si l’enfant est un garçon , le père doit quémander auprès d’hommes ; et si c’est une fille la mère auprès de femmes .

L’argent ainsi récolté devant servir au paiement d’une messe et les excédents pour des achats divers en faveur de la mère et de l’enfant ( lait , sucre par exemple ) . Par la suite , en arrivant à Labrousse , aller à l’église faire ses dévotions à Saint Martin puis se rendre à la fontaine ou on emplit une bouteille et avoir le soin de laisser sur une pierre un objet de toilette du malade : bonnet , chemisette …ou quelques sous . Ainsi , la première qui passe doit recueillir cette offrande et dire une prière pour l’enfant . Enfin , on doit revenir à l’église faire bénir l’enfant puis repartir chez soi . Par la suite , pendant 9 jours , il faut chaque matin en récitant certaines prières donner à boire au malade un peu d’eau recueillie à la fontaine et lui en frotter les jambes . Ainsi , après la première neuvaine , la mère assiste au redressement des jambes de son fils et après la deuxième la guérison définitive eut lieu .  L’auteur rajoute que selon cette femme ces prescriptions doivent être suivies à la lettre pour obtenir des résultats .

L 'eglise

L’église a été construite vers 923 au moins . A cette date elle fut donné au monastère de Conques par Bernard vicomte de Carlat

C’était un ancien prieuré à la nomination de l’abbé d’Aurillac

L’église qui n’est pas d’un style très pur est gothique .

La chapelle latérale a été faite en 1847 au prix de 2277 frs 80

Exterieur de l’eglise

La maçonnerie principale est en basalte et en tuf . Elle a la forme d’une croix : une nef et deux chapelles latérales . Au dehors , le chœur se termine à pans coupés d’un côté en ligne droite de l’autre . Il y a deux contreforts latéraux au clocher et deux contreforts latéraux au chœur .

La clé de voûte du porche et un vitrail ont un même blason ( écu français ancien , pointe renversée ) c’est sans doute le blason de quelque ancienne famille de Labrousse . En voici le modèle

Dimensions de l’eglise

Longueur de l’église : 20 mètres environ

Largeur du côté du clocher 9 mètres et 10 mètres du côté du chœur et 13 mètres à l’endroit ou se trouve les chapelles latérales

Hauteur : 12 mètres et le clocher 15 mètres environ

Portail et clocher

Au dessus de la porte se trouve une petite statue de Notre-Dame de Lourdes . Pas de date ni inscription

Une seule cloche antérieur à 1790 ( entendu dire qu’il y en avait quatre avant la révolution ) . La cloche précitée si elle a été confisquée n’a certainement pas été fondue durant la révolution . L’inscription illisible qui s’y trouve gravée permet de croire que la cloche et même très ancienne .

Actuellement ( 1914 ) l’église paroissiale a deux cloches .

La seconde cloche qui est à l’église paroissiale a été fondue par Mr Dubois : elle date de 1806 lorsque Mr l’abbé Dangeny dirigeait la paroisse .

Le parrain de cette cloche fut Mr Blaise Vaissiere du hameau de Marso .

La marraine de cette cloche fut Agnés Bastide épouse Cassan du hameau de Combemaury.

Le clocher à peigne ne permettant pas d’examiner les cloches que d’un seul côté , il est impossible de reproduire exactement les inscriptions . La cloche porte cependant l’inscription dont voici les seuls mots que le seul côté examinable a permis de lire ( mortuos ploro et vivos appello ).

La plus ancienne mesure 0m60 de haut et 0m80 de diamètre.

La cloche qui fut fondue en 1806 : 0m50 de haut et 0m70 de diamètre.

Les donateurs sont inconnus , on suppose que ce soit les parrain et marraine et pour la plus ancienne. 

Interieur de l’eglise

La nef principale et unique a 17m50 de long , 6m60 de haut , 12m de large à l’endroit ou se trouve les deux chapelles latérales et 5m de large aux autres endroits de la nef.

Le chœur a 6m50 de long , 6m60 de haut , et 5m de large.

Les deux chapelles à peu prés égales ont 5m de long , 3m50 de large et 4m60 de haut.

L’une est dédiée à Notre-Dame ; l’autre , à Saint Roch.

A l’entrée du chœur les nervures de la voûte repose sur deux petits piliers appliqués au mur et dans le style des nervures quoique plus larges . Les piliers sont en pierre.

Les deux chapelles latérales ont chacune une fenêtre ogivale . Le chœur à également une fenêtre ogivale.

Le côté opposé à cette fenêtre comprend la sacristie qui a deux fenêtres semblables à celles des maisons ordinaires.

La fenêtre du chœur est séparée par un meneau perpendiculaire se terminant dans sa partie supérieur par des meneaux contournés ou ovales.

Parmi les vitraux , les uns sont en verre blanc et les autres en verre colorié. Ces derniers représentent des cœurs transpercés présentés dans des médaillons.

Les auteurs et donateurs des vitraux de l’église ne sont pas connus

Les murs de l’église sont couvert de badigeon . Pas de restes d’anciennes peintures murales

Les voûtes de l’église sont ogivales avec des nervures ogivales ayant des clefs de voûtes portant des écussons divers dont il est difficile de savoir la signification . Ces nervures et ces voûtes sont en pierre.

Statues et mobiliers de l’eglise

Il y a des statues en bois de Saint Roch , de Saint Martin , d’un autre évêque , de la Sainte Vierge Toutes ces statues paraissent antérieures à la révolution . Elles sont toutes recouvertes d’une peinture ou d’une dorure plus ou moins ancienne .

Les autels , les stalles , la table de communion , la chaire sont en bois sculpté ou peints.

Les fonds baptismaux paraissent relativement anciens . La partie inférieure est une pierre taillée en forme calice, la partie supérieure est un dôme en bois fixé sur la partie inférieure des fonds baptismaux et muni d’une porte également en bois.

Il y a, séparé du maître autel par un espace de 0m60, un retable en bois sculpté et peint représentant le créateur du monde entouré de deux anges. Au dessous du créateur se trouve encadré entre deux colonnes également en bois sculpté et peint un tableau représentant le crucifiement de Notre-Seigneur . Les noms des auteurs ou des donateurs de ce retable et de ce tableau qui paraît très ancien demeurent inconnus.

A la sacristie il y a deux reliquaires en métal l’un doré et orné de pierreries qui contient les reliques de Saint Roch . L’autre argenté contient les reliques de Saint Pie martyr , de Saint Clément pape et martyr et de Saint Martin titulaire et patron de la paroisse.

Il y a une croix argentée et une autre dorée. Il y a aussi deux autres croix pour les processions l’une argentée , l’autre dorée . Ces deux dernières sont beaucoup plus grandes que les premières .

Parmi les vases sacrés anciens, il y a un calice qui pourrait bien être du XIIIème siècle, plus un plat en bronze très ancien pour les offrandes .

Il y a une chape et un devant d’autel et aussi un ornement pour la messe : ces divers ornements sont brodés sur or.

Le cimetiere

Le cimetière était situé autour de l’église autrefois . Il ne l’est plus , il a été transporté ailleurs

depuis le mois de mai 1880 .Il y a une seule inscription qui puisse être signalée " ici repose l’abbé

François Valet décédé le 26 mai 1902 à l’âge de 74 ans . Priez pour lui "

 

XIIIeme siecle - oratoire, chapelle

 

La chapelle de Notre-Dame de Pitie

 

Petite chapelle située à quelques 100 mètres de l’église , au fond du bourg . Cette chapelle est romane et peut contenir de 25 à 30 personnes .

Elle a une porte et une petite fenêtre romane ou l’on peut voir un petit vitrail. Ce vitrail a été fait à Toulouse . Le donateur demande la permission de ne pas parler de lui même. Ce vitrail à un médaillon représentant un cœur transpercé de sept glaives et autour duquel se trouve en exergue ces paroles " Notre-Dame de Pitié . Priez pour nous ".

Une petite cloche permet d’appeler les fidèles au Saint Sacrifice quand on l’y célèbre . Cette cloche fut donnée par Mr Bastide Barthélémy du hameau de Fortet

Elle est dédiée à Notre-Dame de Pitié . Elle porte sur le mur extérieur l’inscription suivante : L’amour de Marie en ton cœur est gravé . Souviens toi en passant de lui dire un Avé.

Il y a quelques invocations , des litanies de la Vierge et à la voûte de cette chapelle, un sujet se rapportant à cette dévotion.

L’autel de Notre-Dame de Pitié est plus moderne que celui de l’église et a une certaine valeur . Ce dernier fut acheté à Saint-Flour par Mr l’abbé Labourel alors curé de Labrousse ( 1869-1884 ). Il est recouvert d’un simple vernis . La Piéta en bois paraît, comme les statues de l’église, antérieure à la révolution , recouverte d’une peinture ou d’une dorure plus ou moins ancienne.

Les familles qui l’ont fondée ne sont pas connues . Cette chapelle fut rendue à l’époque de la révolution au sieur Jean Deneboude de Julhac , qui en l’an 1810 la rendit à sa destination primitive moyennant deux messes acquittées tous les ans pour ses parents défunts . L’autorité diocésaine a décidé de faire acquitter aux frais de la fabrique de Labrousse les deux messes basses qui furent imposées parle donateur de cette chapelle . Pas de faits surnaturels qui s’y seraient accomplis

La chapelle fut réparée à peu prés à la même époque que la chapelle latérale de l’église a été faite

c’est-à-dire 1847 . La dépense était évaluée à 2644 frs 78

Biens , revenus , presbytere , vicariat avant 1790

Les biens de la cure avant 1790 comprenait la maison presbytérale , une écurie avec son grenier à foin , courtil et dépendance , une petite terre labourable appelée ‘ le claux ‘ . Le total des revenus de la cure était de 301 livres.

Le collateur en était le chapitre Saint-Géraud d’Aurillac.

Le presbytère avant 1790 était situé à l’endroit actuel . Depuis la séparation il est la propriété de la commune qui le loue à Mr le curé au prix de 80 frs.

Avant et après la révolution la paroisse a été longtemps desservie par un curé et un vicaire.

Après la révolution , de 1827 à 1902 il y eut presque continuellement un curé et un vicaire ,le vicaire avait une chambre qui lui était spécialement réservé au presbytère.